Art urbain – Alia x Balenciaga

« Mon obsession a toujours été de rendre les femmes belles. Quand vous créez avec cette idée, rien ne peut se démoder. »

Azzedine AlaïaEn 1968, ne se reconnaissant plus dans l’essor du prêt-à-porter, Cristobal Balanciaga décide de fermer sa maison. Mademoiselle Renée, restée plusieurs années au service du couturier espagnol en tant que directrice adjointe s’inquiétait pour les stocks de tissus et les robes qui allaient être perdues. Elle invita donc un couturier de renom: Azzedine Alaïa à choisir librement les modèles de Balanciaga pour les recycler à sa manière. Stupéfait par l’agilité des formes et la technique des coupes, il les conserva dans leur état originel et s’en inspira comme modèles.

Ces sculpteurs de la forme se retrouvèrent quelques décennies plus tard. Cette exposition exhibe leur union, avec un mélange harmonieux entre les deux couturiers.D’un côté se trouve une petite robe noire avec un court décolleté bateau, et les plis partent des hanches. En revanche, une longue robe bustier est moulée sur la cuisse et ouverte au sol dans un parfait ensemble de bonnets.

Le premier est la signature de Cristóbal Balenciaga, datant de 1954, et l’autre est la haute couture d’Azzedine Alaïa, datant de 2003. Ce qu’ils ont en commun, c’est l’extraordinaire maîtrise de la forme et l’étude minutieuse des lignes du corps, à savoir les plus petites coutures et les plus petits plis pour la mise en valeur. Le terme «architecte» est souvent utilisé pour décrire le travail de Balenciaga et Alaïa, dont la conception est une démonstration de couture et de technique.Sous forme de parcours, les visiteurs découvrent 80 des modèles phares des deux maisons.Une pièce excentrée résume le parcours professionnel d’Azzedine Alaïa.

Ne passez pas à coté du premier étage, dans lequel on retrouve les esquisses des deux stylistes.L’exposition est institutrice, ludique et à la fois esthétique. A la base prolongée vis-à-vis du contexte sanitaire actuel, espérons qu’elle sera disponible au public au déconfinement. Alaïa et Balanciaga, sculpteurs de la forme.

Jusqu’au 24 décembre 2020 à la galerie Azzedine Alaïa, rue de la Verrerie à Paris.

Anna Cuaz

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