Analyse d’album Frenetik – « Jeu de couleurs »

Présent dans les 11 rappeurs à suivre 2021 de Booska P, Frenetik commence très bien l’année avec sa mixtape « Jeu de couleurs », sortie le 22 janvier dernier.

Jeune talent belge, Frenetik a fait beaucoup parler de lui en 2020 avec notamment son passage remarqué dans son Colors, sur « Infrarouge », et son premier EP « Brouillon », qui a marqué la critique.

Au premier abord, Frenetik apparait comme un rappeur sombre et engagé: il manie très bien le kick comme la mélodie et il écrit des textes qualitatifs: plusieurs punchlines du bruxellois sont déjà rentrées dans les mœurs : « un policier meurt dans une bavure, j’appelle ça une remontada » (Traffic).

Le rappeur dévoile donc une mixtape de 14 morceaux. Sur cet opus, Frenetik prend le parti pris de délivrer tous les sons en solo, pour mieux délivrer à son auditoire l’ampleur de son talent et sa diversité: son « jeu de couleurs ».

À seulement 22 ans, celui qui a commencé à écrire à l’âge de 11 ans s’est notamment fait remarquer avec sa performance sur la chaîne « Colors » le 3 septembre dernier, dans lequel il interprète « Infrarouge », premier titre qui tease « Jeu de couleurs ». Produit par Chuki Beats, le morceau de drill prend vite de l’ampleur et donne une vraie crédibilité au rappeur belge. La vidéo cumule à ce jour presque 2 millions de de vues. « N’approche pas des miens, je t’égorge si tu essaies, onze heures quarante, heure du décès. » Le rappeur fait ici une référence directe à ses proches et à sa commune Evere (1140), dans laquelle il a grandi.

La seule collaboration du projet est celle avec le célèbre pianiste des rappeurs Sofiane Pamart sur le titre « Noir sur blanc », dans lequel Frenetik joue avec les contraires (noir/blanc, près/loin, mieux/moins), qui a d’ailleurs été clippé. Réalisé par le célèbre Black Anouar, le clip, entièrement en noir et blanc enchaîne les plans esthétiques, entre le pianiste et le rappeur, accompagné de plans illustrant les textes marquants du bruxellois. Sorti le jour de la sortie du projet, il cumule à ce jour 617 536 vues. « La police nous a suivi de près parce que nos rancœurs venaient de loin. C’est toujours ceux qu’on connaît le plus qui d’l’autre côté nous connaissent le moins ».

On retrouve des morceaux taciturnes tels que « Mauvais Œil », « Rouge » ou encore « Chaos ». Le titre, sorti le 13 novembre 2020, est le premier morceau de la tracklist. Sur une prod de NegDee, Frenetik débite des textes plutôt pessimistes. Le clip, réalisé par Argo, sort le jour de la sortie du morceau. Le 2 décembre, une version alternative du clip sort sur la chaîne YouTube du rappeur, qu’il nomme “SOAHC”, une anagramme du nom du morceau initial.

Frenetik s’essaye aux morceaux mélodieux sur « Bleu » ou encore « Frérot », morceau produit par Twinsmatic. Un pas de plus dans la cour des grands pour le Freno, qui arrive à bercer l’auditoire en abordant le thème de l’amour fraternel.

« Blanche Neige » est un des morceaux de drill sur lequel Frenetik excelle de par un flow bien à lui. Son identité apparait notamment dans ce genre de morceaux rythmés. Il débite de très bonnes punchlines notamment le refrain du morceau : « Quand il fait froid ça revend la neige, tout pour le bénef’ tout pour le cash. Les autres, se font la belle, car la bête est sortie de sa cage ». Produit par Richie Beats, le son est sorti le 11 décembre 2020, c’est le troisième à sortir du projet. Le clip, réalisé par Paul henry Thiard, sort une semaine après, le 18 décembre 2020. Les couleurs de celui-ci sont très sombres. Le rappeur est mis en scène, sur des enchainements de plans coupés, ce qui apporte une part supplémentaire d’esthétisme au clip.

Contrairement à beaucoup de rookies, qui enchaînent les collaborations pour gagner en notoriété et en reconnaissance – comme Gazo par exemple- Frenetik s’est construit un nom uniquement par le talent. Il est clair que le bruxellois n’est pas à la recherche de strass ou de paillettes, mais seulement de partager à qui veut adhérer sa musique, dans laquelle on ressent sa passion.

Là où Frenetik se démarque, c’est dans sa D.A : en effet, le rappeur qui apparait au premier rapport très sombre soigne extrêmement bien ses visuels, que ce soit dans ses clips (qui contiennent des plans originaux (synonyme) et des effets spéciaux à la Kekra ou PNL), mais aussi dans ses shootings ou apparitions physiques. Frenetik et son équipe font preuve de créativité et ont soif du détail.et arrivent à apporter une touche d’originalité au milieu, ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui.

Le projet est très complet. On ressent l’intention du rappeur de se diversifier et de montrer tous ses atouts. Il ne veut pas se cantonner au kick et à la Drill, genre dans lequel il a précédemment été validé. Il réalise d’ailleurs un très bon score pour un rookie : 2 167 ventes cumulées selon la SNEP, dont 1 734 en streaming, 25 en téléchargement et 408 en physique. On peut, à travers les 14 titres du projet, ressentir la motivation d’un des rappeurs à suivre de 2021 à se se faire un vrai nom au sein du rap francophone. 

En attendant un album, retrouvez « Jeu de couleurs » sur toutes les plateformes de streaming, en version physique, ainsi qu’en téléchargement.

Anna Cuaz

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