Art Urbain – Quand les artistes réinventent les covers

Une pochette d’album est très importante : c’est le premier lien entre le projet et le public. 

Un projet marquant doit passer par la performance musicale mais aussi par la performance visuelle. Une cover révèle la direction artistique, l’univers du rappeur et est assimilée à l’identité de l’album. Cette création artistique est devenue un outil marketing qui suscite la réaction du public. Ça, les artistes l’ont bien compris. Plusieurs d’entre eux sont allés plus loin puisqu’ils sont allés jusqu’à proposer à leurs publics respectifs de réaliser leur pochette d’album. Ce fut par exemple le cas pour le groupe PNL pour « Le monde chico » ou encore Jul pour « La machine » et « Loin du monde ». Cette initiative permet de renforcer le lien entre l’artiste et ses fans. 

Aujourd’hui se réapproprier l’univers d’un artiste en y ajoutant le sien est devenu un art à part entière. La peintre parisienne Stéphanie Macaigne, touchée par le courant expressionniste, offre des œuvres très personnelles sur son compte Instagram : @s_tph.mcg. Elle a réussi à lier le rap et la peinture, deux formes d’art qui lui sont chers. Elle représente les pochettes d’albums de rap FR et US sous forme de peintures, en s’imprégnant de chaque histoire différente autour de celle-ci. Elle avoue dans une interview pour Interlude que c’est en écoutant les morceaux qu’elle arrive à un résultat satisfaisant. Une preuve qu’une cover est assimilée à l’identité de l’album et de l’artiste. Ce mélange rap/peinture s’est vu félicité, notamment par les rappeurs/euses eux-mêmes. Elle s’est vue en effet féliciter par Alkapote ou encore Koba La D.

D’autres artistes aux styles bien différents ont émergé sur les réseaux sociaux –notamment Instagram- ces dernières années, comme le graphiste amateur Antoine (du compte Instagram : @CoverxAnimes), qui offre des créations originales en reprenant les covers de rap français sous forme d’animés, des univers étroitement liés dans les textes des rappeurs. C’est donc un lien qui a plu au public mais également aux rappeurs comme Niska qui a partagé un post le concernant sur son compte. L’artiste fait aujourd’hui commerce de ses œuvres sous forme de posters sur son site: https://www.coverxanimes.fr.

Dans le futur, il souhaite se diversifier sur des pochettes US pour toucher un public international, ce qui va probablement susciter encore plus d’intérêt envers le jeune homme qui comptabilise déjà plus de 27 000 abonnés sur Instagram. 

Juliana Kicin (@kicinova_1) est une grande adepte de rap, un milieu qui inclut initialement majoritairement des hommes. La dessinatrice a voulu démocratiser l’image de la femme dans le rap en remplaçant les hommes présents sur leurs propres covers par des dessins de femme. Par le biais de ses œuvres, elle a voulu délivrer un message de parité. Un grand nombre de rappeurs ont adhéré à l’idée artistique. Lomepal, S.Pri Noir, Disiz et beaucoup d’autres ont repartagé la jeune artiste sur leurs réseaux sociaux. Vous pouvez d’ailleurs retrouver Julia dans l’émission « La table ronde d’OKLM » avec le rappeur Dinos et le photographe Jérémie Masuka, pour discuter des références dans différents domaines de la culture urbaine (sur Youtube : OKLMOfficial).

Le point commun entre tous ces jeunes artistes, c’est la réunion de deux mondes qui leurs sont chers. Ils montrent par le biais de leurs créations que mélanger plusieurs formes d’arts, c’est laisser une nouvelle forme de liberté au spectateur d’interpréter l’œuvre initiale comme il le souhaite. C’est ça la base de l’art: laisser place à son imaginaire pour réinterpréter à l’infini.

De nombreux artistes s’ajoutent à la liste mais vous pouvez retrouver les créateurs cités dans l’article sur leurs réseaux sociaux : @s_tph.mcg, @CoverxAnimes, @kicinova_1.

Anaïs Borreguero

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