Analyse d’album- KEKRA – Kekra

Après nous avoir dévoilé le volume 4 de ses mixtapes Freebase, Kekra est revenu le 2 avril dernier avec son 3e album studio: « Kekra ».

Composé de 17 titres solo sans aucune collaboration, le rappeur de Courbevoie (92) revient très fort avec ce projet harmonieux.

La cover de l’album est réalisée par Biscuit studio. Disponible en deux versions, la première, FREE, représente l’arche de la Défense, quartier dans lequel Kekra a grandi – il est originaire de Courbevoie – et qu’il met en avant dans de nombreux textes/clips en dessous des fameuses lunettes rondes, signe de prédilection du rappeur masqué. La deuxième version, BASE, cache un côté sombre du quartier d’affaires, à l’image de la cover de son premier album « Land », qui cachait elle aussi une partie sombre en dessous de l’iceberg. Il explique que la partie sombre fait référence à sa « base », là où il a eu un passé peu glorieux et que la partie supérieure équivaut à sa liberté. Chacune de ces versions possède un titre inédit qui lui est propre: « Trop vite » pour FREE et « Au large » pour BASE. L’ordre de la tracklist a été modifié selon les différentes versions. Très fan des séries d’anticipation et notamment de « Black Miror », il s’est inspiré de l’épisode « Bander Snatch » (dans lequel le Viewer choisit sa version de l’histoire) pour réaliser cet album (séparé en deux versions, c’est à l’auditeur de choisir l’ordre dans lequel il veut écouter projet).

Le rappeur explique sur son compte Instagram que le projet a été confectionné en seulement 19 jours.

La veille de la sortie du projet, Kekra réalise un show acoustique en direct de l’arche de Défense, en référence directe avec sa cover. Il y interprète quatre morceaux dont trois inédits de l’album : Ici, Phénomène, Dans l’dos et Capri. Que ce soit à l’aide du titre ou de cette envie de placer son quartier d’enfance au centre de l’album, on peut deviner que Kekra cherche à montrer sa simplicité et sa nonchalance qu’on lui attribue (et qu’il revendique lui-même) depuis ses débuts. Il l’explique au début de son live à Macha Django : « C’est la réalité ici. Ça représente beaucoup pour moi en terme de souvenirs ».

L’intro de l’album dans la version en streaming, Ici, est produite par Boumidjal, célèbre beatmaker qui a travaillé avec de nombreux grands noms du rap francophone tels que Niska, Damso, Ninho, Lacrim, Kaaris, Maes ou encore SCH. Il a produit la majorité des titres de l’album de Kekra. Le titre rappelle totalement l’univers musical du rappeur masqué qui s‘inspire de la grime et du 2step-garage, des styles tirés tout droit du Royaume-Uni, pays qui l’inspire beaucoup musicalement.

Phénomène est sorti fin février, c’est le premier extrait du projet du rappeur des Hauts-de- Seine. Roc Legion et Benihana Boy sont à l’origine de l’instru aux airs futuristes. Le clip du titre est une suite de Putain de salaire, qui a initié une semi-fiction d’anticipation comme l’explique le rappeur chez Deezer. Toujours aussi mystérieux, il tease ses fans: « Vous en saurez bientôt plus ». Réalisé par Bleu désert, le clip a séduit le public puisqu’il cumule 1,7 million de vues à ce jour.

Produit par Mantra, Jeune voyou est un des bangers de l’album. Il évoque son passé de ‘jeune voyou’. Le morceau aux airs doux cache des textes évocateurs, une des forces de Kekra est de placer en rythme des mots durs et leur donner in fine des notes plus légères.

On ressent les inspirations japonaises du rappeur du 92 dans Numéro 9. Produit par Boumidjal, le morceau traite de l’attirance du rappeur pour l’argent sous toutes ses formes. Il se compare avec un égotrip qu’on lui attribue sans hésitation au numéro 9, symbole des icônes du football. C’est une allégorie de sa réussite, que ce soit au niveau du rap ou au niveau financier.

Capri est un titre dans lequel le rappeur sort de sa zone de confort. L’instru est uniquement jouée au piano, sur des notes signées Boumidjal. Dans ce morceau, Kekra évoque une période difficile de sa jeunesse, dans laquelle le deal était au centre de sa vie. Le Courbevoisien a connu la misère et l’exprime dans ses morceaux car il veut parler uniquement de sa vie, comme il l’explique à Narjes Bahar dans son interview chez Deezer. « Pyrex vision dans la cuisine, j’avais pas l’âge d’jouer en minimes. J’mentais aux tchoï pendant la vérif’, sourire aux lèvres même quand c’est pénible ».

Kekra a une nouvelle fois démontré son talent. Malgré une impertinence qu’on lui connait bien depuis ses débuts, il arrive à retranscrire une sensibilité à travers ses morceaux et l’album KEKRA se place comme un des meilleurs albums de ce début d’année 2020 si on regarde ses chiffres de ventes, qui ont explosé par rapport à ses précédents projets. Il cumule 10 527 ventes dont 6 418 en streaming, 4 020 en physique et 89 téléchargements. L’anti-héros du rap continue de surprendre pour le plus grand plaisir de sa communauté grandissante.

Retrouvez « KEKRA » sur toutes les plateformes de streaming, en version physique (FREE et BASE) ainsi qu’en téléchargement.

Version de FREE
Version de BASE

Anna Cuaz

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