Analyse d’album Sadek – Aimons-nous vivants

3 ans après son dernier album, Johnny de Janeiro, Sadek est revenu le 9 avril avec son 5ème album studio : « Aimons-nous vivants ».

Composé de 20 titres dont 8 en featuring avec pas moins de 14 artistes en collaboration sur le projet dont entre autres Ninho, SCH, Heuss L’Enfoiré, Ali (Lunatic), Rim’K, Lacrim, Vald ou encore Kalash Criminel. Le rappeur de 29 ans explique à Narjes Bahkar dans l’interview « Jour de sortie » que ‘Aimons-nous vivants’ est l’album dont il est le plus fier : « C’est mon projet le plus abouti, celui sur lequel j’ai le plus travaillé ».

Dans cet album, Sadek revient à ses bases pour délivrer un album très sombre, notamment quand on le compare à son précédent projet « Johnny de Janeiro », un album aux sonorités de funk brésilienne. Les prods sont qualitatives mais très simples dans l’ensemble, pour laisser place aux textes du rappeur. Le membre du label Rec 118 a produit 200 morceaux pour n’en sélectionner que 20 dans la version finale du projet, une preuve de son perfectionnisme. 

L’intro de l’album est produite par Zeg-P, qui a réalisé quatre des instrus du projet. Le rappeur de Neuilly-Plaisance revient avec un morceau kické, remplit de punchlines. Sadek revient aux bases et à ce que le public aime de lui. Dans le morceau, il évoque la glorification donnée à la rue, qu’il a connue et qu’il associe à un milieu malsain et de misère. Il en parle dans son interview chez RapElite et chez Deezer: « J’voulais vraiment, sans faire exprès, finir par le mot “mourir”, c’était important pour moi qu’il y ait cette notion de “La rue, la vraie, c’est quoi ? Mourir ». « J’ai ma part, on va rien laisser à ces amateurs. Peur de qui, peur de quoi ? On va tous mourir ».

“Labess” est le premier extrait du projet. Produit par Yann Dakta & Rednose, le titre revient aux bases du rappeur, avec des références à la rue et ses vices sur des punchlines kickées. Le morceau ainsi que son clip sortent le 22 janvier dernier. Le clip, réalisé par Black Vision, est en totale adéquation avec le morceau underground.

Un des titres les plus mainstream du projet est sans hésitation son featuring avec Vald, “Alliance”.  Les deux rappeurs avaient déjà collaboré ensemble sur le morceau “Woah” (93 Empire). Le morceau est dansant et le refrain rentre très facilement en tête. Par ce titre, Sadek montre une nouvelle fois sa capacité à produire des hits, qui vont au-delà son auditoire habituel. Ils traitent ici de leur incrédulité face aux femmes et à l’amour en général, qu’ils rejettent. « Quand y a pas d’solution, bah, y a pas de problème (y’a aucun souci). J’en ai marre d’être déçu par les gens qu’j’aime (j’ai l’seum). Poto, j’crois moins aux alliances que j’crois aux aliens ». Le clip, réalisé par Bien Vu annonce la couleur du morceau. Sulli et Deksa s’ambiancant dans une soirée, organisée dans un château. Celui-ci cumule 1,4 million de vues.

“Aller-retour” est le second extrait de l’album, il est sorti le 12 février 2021. Le titre a été produit par Zeg P et est un des bangers de l’album. Sur une instru très dansante et un refrain efficace, Sadek retrace sa « khapta phénoménale ». Le clip, sous forme de court métrage, est réalisé par AgaProd. Il met en scène Sadek face à des zombies à la « The walking dead ». La fin du clip est une façon pour lui de faire la morale à son fils sur les dérives de l’alcool et de la drogue. La vidéo cumule à ce jour 978.000 vues sur la chaine YouTube du rappeur.

Le réel banger du projet est sans hésitation « Kimono », en collaboration avec Ninho et SCH. Sur une prod de T-Desco, Mi8 et Therapy 2093, le son mêle des couplets kickées par Sadek et SCH, avec un refrain maîtrisé à la perfection pour Ninho, qui est dans son élément et qui enchaine sur le 2e couplet du morceau. Le S clôture le morceau avec un couplet sans fioritures. Sadek explique dans une interview à RapElite qu’il veut se mêler à l’univers des artistes qu’il invite sur son projet, son objectif étant de les mettre « à l’aise ». Il a fait plus que ça sur le morceau puisqu’il a glissé des références directes aux deux rappeurs, soulignées et relevées par la critique: « Et là, il revient. Tiens, tiens, retiens et tiens, retiens. Technique d’ancien pour être refait, suffit d’mettre Ninho au refrain, re-frè ».

On ressent que « Aimons nous vivants » est un projet qui a été travaillé minutieusement. L’album réunit tout ce dans quoi Sadek excelle: kick, rythme, sons sombres et sons dansants. Le projet a cependant cumulé peu de ventes en première semaine (6 585 ventes dont 5.918 en streaming, 574 en physique et 93 téléchargements). Mais Sadek l’explique lui-même chez RapElite, il a un public peu quantitatif mais très qualitatif, constant depuis ses débuts. Sa force est de faire sortir du lot certains bangers de ses projets, et d’en placer certains à l’échelle de classiques du rap français, comme « La bise », « Andale », « Petit Prince », « Madre Mia » et beaucoup d’autres…

Retrouvez « Aimons-nous vivants » sur toutes les plateformes de streaming, ainsi qu’en téléchargement et en version physique.

Anna Cuaz

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